Choisir entre SASU ou EURL est l’un des dilemmes les plus fréquents quand on est entrepreneur, freelance ou solo-preneur.
Ce choix de forme juridique n’est pas qu’une question administrative : il impacte votre régime fiscal, votre régime social, votre protection sociale, votre patrimoine personnel, vos cotisations sociales, votre capacité à évoluer seul ou avec plusieurs associés, et même votre manière de piloter votre activité au quotidien.
Cet article a un objectif clair : vous donner une vision claire, pédagogique et opérationnelle pour comprendre les avantages et inconvénients de la SASU et de l’EURL, sans jargon inutile, afin de faire un choix du statut juridique aligné avec votre activité professionnelle et vos objectifs.
Pourquoi le choix entre SASU et EURL est structurant
Créer une entreprise, ce n’est pas seulement « s’immatriculer » au registre du commerce et des sociétés ou publier une annonce dans un journal d’annonces légales.
C’est avant tout choisir un véhicule juridique qui va encadrer :
- votre responsabilité limitée ou non
- la protection de votre patrimoine privé et de vos biens personnels
- votre statut social (travailleur non salarié ou assimilé salarié)
- votre imposition des bénéfices
- vos possibilités d’évolution (nouveaux associés, holding, levée de fonds)
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) et l’EURL (SARL unipersonnelle) sont deux sociétés unipersonnelles, avec une personnalité morale distincte de la personne physique qui la dirige.
Dans les deux cas, on quitte le monde de l’entreprise individuelle, de la micro entreprise, de l’auto entrepreneur ou du régime micro.
Définition claire de la SASU
La SASU est une société par actions simplifiée à associé unique.
C’est une personne morale, dotée de sa propre personnalité juridique.
Caractéristiques clés :
- Actionnaire unique
- Dirigée par un président de SAS
- Capital libre (capital minimum : 1 €)
- Actions simplifiée (et non parts sociales)
- Grande liberté statutaire
La SASU est souvent choisie pour sa grande liberté de fonctionnement et sa capacité à évoluer facilement vers une SAS à plusieurs associés.
Définition claire de l’EURL
L’EURL est une société à responsabilité limitée à associé unique, aussi appelée SARL unipersonnelle.
Caractéristiques clés :
- Un gérant associé unique
- Responsabilité est limitée aux apports
- Capital libre (montant du capital social fixé librement)
- Fonctionnement plus encadré par le code de commerce
- Structure rassurante pour certaines professions
L’EURL ou SARL est souvent perçue comme plus « classique », notamment par les banques ou certains partenaires.
SASU vs EURL : responsabilité et patrimoine
Dans les deux cas :
- la responsabilité des associés est limitée aux apports
- les créanciers ne peuvent pas saisir directement le patrimoine personnel
- en cas de faute de gestion, la responsabilité du chef d’entreprise peut être engagée
La protection du patrimoine professionnel et du patrimoine privé est similaire.
Différence notable :
- En EURL, le lien entre gérant et société est plus étroit
- En SASU, la séparation personne morale / personne physique est souvent perçue comme plus nette
Régime social : le point clé du comparatif
C’est le critère numéro un dans le débat SASU vs EURL.
SASU : assimilé salarié
Le président de SASU est assimilé salarié :
- affilié au régime général
- cotisations élevées
- protection sociale complète (hors assurance chômage)
- pas de statut travailleur non salarié
On parle de salariés assimilés.
EURL : travailleur non salarié
Le gérant majoritaire d’EURL est travailleur non salarié (TNS) :
- affilié au régime des travailleurs non salariés
- charges sociales plus faibles
- protection plus limitée
- logique de non salariés
C’est un vrai sujet de statut social et de couverture sociale.
Régime fiscal et imposition
Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés
EURL
- Par défaut : impôt sur le revenu
- Possibilité d’opter pour l’impôt sur les sociétés
SASU
- Par défaut : impôt sur les sociétés
- Option temporaire possible pour l’impôt sur le revenu
Les dividendes, les imposés, l’abattement, l’exonération éventuelle et la fiscalité globale diffèrent fortement selon le choix.
Dividendes : attention aux différences
- En SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales
- En EURL, une partie des dividendes est soumise aux charges sociales
C’est souvent un critère décisif pour les freelances à forte rentabilité.
Capital social et apports
Dans les deux structures :
- capital social libre
- apports en numéraire ou apports en nature
- intervention possible d’un commissaire aux apports
La constitution d’une société est donc similaire sur ce point.
Formalités et création
Que ce soit une création d’entreprise, une création d’une société ou pour créer une SAS, les étapes sont proches :
- rédaction des statuts
- dépôt du capital minimum
- annonces légales
- dépôt au greffe du tribunal de commerce
- immatriculation
Le niveau de formalisme est légèrement plus élevé en SASU, mais reste maîtrisable.
Obligations comptables
Les deux structures impliquent :
- comptes annuels
- obligations comptables
- dépôt au greffe
- suivi fiscal et social
C’est là que beaucoup d’indépendants perdent en visibilité.
SASU vs EURL : tableau comparatif synthétique
Quel statut pour quel profil ?
- Freelance en croissance : souvent SASU
- Activité stable, besoin de trésorerie : souvent EURL
- Créateurs, professions libérales, consultants : dépend surtout du régime fiscal et social
- Projet de holding, investisseurs, actionnaire unique : avantage SASU
Le vrai problème : piloter sans visibilité
Le vrai enjeu n’est pas seulement de choisir un statut juridique.
C’est de comprendre l’impact réel de ce choix sur :
- vos charges sociales
- votre rémunération
- votre capacité à investir
- votre trésorerie
C’est exactement pour cela que des outils comme Mandare existent.
Mandare permet de simuler, comparer et piloter les effets concrets d’une SASU ou d’une EURL, sans être expert comptable, en reliant juridique, fiscal et social, et décisions business.
Anticiper l’évolution : seul aujourd’hui, associé demain
Un point souvent sous-estimé dans le choix sasu ou eurl concerne l’évolution future de l’entreprise.
Beaucoup de solo-preneurs créent leur structure pour exercer seul, mais finissent par accueillir de nouveaux associés, un partenaire opérationnel, ou une holding.
Sur ce point, la SASU offre une vraie souplesse :
- passage simple de société unipersonnelle à société par actions simplifiée à plusieurs associés
- émission d’actions facilitée
- règles d’agrément librement définies dans les statuts juridiques
À l’inverse, l’EURL évolue vers une SARL, avec :
- des règles plus strictes sur la cession de parts
- un formalisme plus encadré
- un cadre juridique parfois moins flexible en cas de réorganisation capitalistique
Si vous anticipez une croissance rapide, une entrée d’investisseurs ou une structuration en groupe de sociétés, cette dimension doit clairement entrer dans le choix de la forme juridique.
Image, crédibilité et relations partenaires
Même si ce critère est plus subjectif, il joue un rôle réel dans certaines activités.
La SASU est souvent perçue comme :
- plus moderne
- plus adaptée aux activités innovantes, digitales ou orientées freelance
- plus lisible pour certains partenaires financiers
L’EURL, de son côté :
- rassure par sa structure historique de société à responsabilité limitée
- est parfois mieux comprise par des interlocuteurs plus traditionnels
- reste très utilisée dans les professions libérales ou artisanales
Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, mais d’un élément de contexte à intégrer selon votre activité professionnelle et votre environnement.
Gestion au quotidien : simplicité apparente vs réalité
Sur le papier, les deux structures impliquent des obligations comptables, des formalités de création, une immatriculation, un dépôt des comptes annuels, et une relation avec le greffe du tribunal de commerce.
Dans la pratique, la difficulté n’est pas la comptabilité elle-même, mais la lecture des chiffres :
- comprendre ce qui relève des cotisations sociales
- anticiper l’impact du régime fiscal
- arbitrer entre rémunération, dividendes, trésorerie et investissements
Beaucoup d’entrepreneurs découvrent trop tard :
- le poids réel des charges sociales
- les écarts entre résultat comptable et argent disponible
- les conséquences d’un mauvais arbitrage entre salaire et dividendes
C’est précisément à ce niveau que le statut choisi devient un outil… ou un frein.
Pourquoi le statut ne doit pas être décidé “au doigt mouillé”
Le piège classique consiste à choisir une forme juridique :
- parce qu’un proche l’a fait
- parce qu’un article dit que “la SASU est mieux”
- ou parce que “l’EURL coûte moins cher”
En réalité, le choix du statut juridique doit être connecté à :
- vos objectifs de rémunération
- votre besoin de protection sociale
- votre tolérance au risque
- votre vision à moyen terme
- votre capacité à piloter financièrement
Sans projection claire, même le “bon” statut peut devenir pénalisant.
Piloter plutôt que subir : l’enjeu après la création
Une fois la création d’une société réalisée, le vrai travail commence.
Le statut ne fait pas le pilotage à votre place.
Beaucoup de dirigeants en SASU ou en EURL continuent à :
- regarder uniquement le solde bancaire
- découvrir les charges après coup
- subir les régularisations
- décider sans vision consolidée
C’est exactement à ce moment-là que l’écart se creuse entre ceux qui subissent leur structure… et ceux qui l’utilisent comme un levier.
Des outils comme Mandare s’inscrivent dans cette logique :
ne pas remplacer la comptabilité, mais transformer les données juridiques, fiscales et sociales en informations compréhensibles pour le dirigeant.
Comparer une SASU et une EURL, c’est bien.
Comprendre comment ce choix impacte vos décisions mois après mois, c’est mieux.
SASU ou EURL, il n’y a pas de bon choix universel
Il n’existe pas de « meilleur statut » dans l’absolu.
Il existe le bon choix pour votre situation, votre activité professionnelle, votre vision et votre manière de piloter votre entreprise.
SASU vs EURL, c’est :
- un choix de statut juridique
- un choix de régime social
- un choix de structure juridique
- un choix stratégique
Prenez-le avec une vision globale, pas seulement fiscale.
Et surtout, outillez-vous pour voir clair avant de subir, dès la création d’une société.





