Auto-entreprise ou SASU : le statut pour un créateur de contenu

auto entrepreneur ou sasu

Tu t’es lancé sur les réseaux, tu collabores avec des marques, tu génères tes premiers revenus, et la grande question arrive : quel statut juridique influenceur choisir pour ton activité d’influenceur ?

Entre auto-entreprise et SASU, le choix n’est pas si simple. Ces deux statuts sont les plus utilisés dans le milieu de la création de contenu, mais ils n’ont pas les mêmes implications fiscales, sociales ou administratives.

Dans cet article, on t’explique clairement les différences entre l’auto-entreprise (ou micro-entreprise) et la SASU, leurs avantages et inconvénients, et surtout comment choisir selon ton activité, ton chiffre d’affaires et ton ambition. Ce choix a un impact direct sur ton régime fiscal, ta trésorerie et ta façon de structurer ton statut d’entreprise.

Le statut juridique est indispensable dans l'influence

Beaucoup de créateurs commencent sans structure. Tant que tu reçois des cadeaux ou des envois gratuits, pas de souci. Mais dès que tu perçois des revenus monétaires (factures, partenariats rémunérés, affiliations, ventes de produits, etc.), tu dois déclarer ton activité.
Dès le premier euro gagné, tu exerces une activité professionnelle. Et sans statut, tu risques :

  • des redressements fiscaux,
  • des sanctions pour travail dissimulé,
  • et une mauvaise image vis-à-vis des marques.

Choisir un statut adapté (auto-entreprise ou SASU) te permet :

  • de facturer légalement tes clients,
  • de déclarer tes revenus correctement,
  • et de protéger ta trésorerie tout en anticipant ta croissance.

Ce choix est essentiel pour respecter tes obligations comptables, mettre en place une gestion administrative claire et sécuriser ton développement d’activité.

Beaucoup d’influenceurs sous-estiment aussi l’importance du statut parce qu’ils ne voient que la partie visible de leur activité : publier, créer du contenu et collaborer avec des marques. Pourtant, du point de vue de l’administration, ton activité est considérée comme une véritable prestation commerciale ou artistique. Avoir un statut, même simple, te permet aussi de sécuriser ta relation avec les marques.

Certaines plateformes d’influence exigent d’ailleurs une facture en bonne et due forme pour valider un partenariat. Sans structure, tu passes à côté d’opportunités, car les marques ne veulent plus prendre de risques sur le plan légal.

C’est aussi ce statut qui te permettra, plus tard, de demander un prêt professionnel, d’acheter du matériel plus facilement ou de faire évoluer ton activité. En réalité, ce n’est pas une contrainte : c’est un socle.

L’auto-entreprise (ou micro-entreprise) : la simplicité avant tout

Le principe

Le régime de l’auto-entrepreneur, aussi appelé micro-entrepreneur, est exactement le même statut.

Depuis 2016, les deux termes ont été fusionnés, mais dans le langage courant, on parle encore souvent d’auto-entreprise.

C’est la solution la plus simple et la plus rapide pour démarrer ton activité de créateur de contenu.

Tu peux t’inscrire facilement sur le site de l’URSSAF et commencer à facturer tes clients sous ton propre nom, sans capital social ni démarches complexes.

Ce régime est aussi apprécié pour sa comptabilité simplifiée, sa flexibilité et sa facilité de déclaration via la déclaration URSSAF.

Les avantages

Simplicité administrative : déclaration et gestion ultra légères, tout se fait en ligne.

Fiscalité avantageuse : tu payes des cotisations uniquement sur ton chiffre d’affaires.

Pas de TVA (en dessous de certains seuils) : pratique quand tu débutes.

Cumul possible avec un emploi salarié, des études ou le chômage.

Tu bénéficies d’un cadre idéal pour une activité commerciale qui démarre ou une activité indépendante.

Les inconvénients

Plafond de chiffre d’affaires : environ 77 700 € pour les prestations de service (en 2025). Si tu gagnes plus, tu sors du régime.

Pas de déduction de charges réelles : impossible de déduire tes frais (matériel, déplacements, shootings, abonnements, etc.).

Image “petite structure” : certaines marques ou agences préfèrent collaborer avec des sociétés (SASU, SARL…).

Protection sociale limitée : tu cotises au régime des indépendants, moins complet qu’un régime salarié.

Tu restes un entrepreneur individuel, avec des limites dans l’optimisation fiscale et la gestion des charges sociales.

En résumé

L’auto-entreprise (ou micro-entreprise) est parfaite pour tester ton activité, générer tes premiers revenus et te lancer sans risque. Mais dès que ton chiffre d’affaires augmente ou que tu veux professionnaliser ton image, il faut envisager un autre statut.

L’auto-entreprise reste également un excellent moyen d’apprendre à gérer les bases d’une activité professionnelle : suivi de ton chiffre d’affaires, déclarations, premières factures, compréhension de la trésorerie.

Ce cadre “light” te permet de te familiariser avec la gestion sans pression. Tu peux tester ton positionnement, identifier les types de contenus les plus rentables, voir quelles marques te sollicitent, ajuster tes tarifs, le tout sans structure lourde à porter. C’est aussi un statut particulièrement adapté si tes revenus sont irréguliers, comme c’est souvent le cas dans la création de contenus : périodes fortes lors des campagnes saisonnières, puis moments plus calmes.

L’important, c’est que tu conserves une vision claire de ton activité avant d’envisager une société.

La SASU : pour se structurer comme un pro

Le principe

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société : elle possède sa propre personnalité juridique, distincte de toi.

Tu en es l’unique associé et le président.

C’est une société unipersonnelle adaptée aux créateurs qui veulent sécuriser leur gestion comptable et améliorer leur optimisation fiscale.

Les avantages

Image professionnelle : tu factures en tant que société, ce qui inspire plus de confiance aux marques et aux agences.

Aucune limite de chiffre d’affaires : tu peux développer ton activité sans contrainte.

Possibilité de déduire toutes tes charges : matériel, location de studio, logiciel, déplacements, prestataires, etc.

Protection sociale du président assimilé salarié : meilleure couverture que le régime micro.

Souplesse : tu peux facilement faire entrer un associé ou transformer ta SASU en SAS plus tard.

Tu bénéficies aussi de formalités plus structurées et d’un cadre propice à la création d’entreprise durable.

Les inconvénients

Démarches plus complexes : création de statuts, immatriculation, comptabilité obligatoire.

Frais de gestion plus élevés : expert-comptable, charges sociales, etc.

Rémunération encadrée : tu dois te verser un salaire ou des dividendes selon des règles précises.

La SASU implique des formalités juridiques plus lourdes, mais elles offrent un cadre sécurisant.

En résumé

La SASU convient aux créateurs qui gagnent bien leur vie avec leurs partenariats, ou à ceux qui veulent professionnaliser leur image et développer leur activité à moyen terme.

La SASU devient un outil puissant dès que tu veux bâtir un business plus structuré autour de ta présence en ligne. Elle te permet d’intégrer plus facilement d’autres sources de revenus : prestations UGC, production de vidéos pour des marques, ventes de formations, interventions rémunérées, consulting, ou encore services avec récurrence.

De plus, en SASU, tu peux également embaucher ou collaborer avec des freelances en toute simplicité, ce qui t’aide à déléguer, scaler et professionnaliser ton image.

Beaucoup de créateurs passent en SASU pour mieux répartir leurs revenus dans le temps, lisser leur fiscalité et se constituer une trésorerie solide pour investir dans du matériel ou des projets plus ambitieux.

4. Comparatif : auto-entreprise (micro-entreprise) vs SASU

Critère Micro-entreprise SASU
Formalités Très simples (en ligne, gratuites) Plus lourdes (statuts, compta, capital)
Plafond de CA Oui (≈ 77 700 €) Non
Fiscalité Cotisations sur le chiffre d’affaires Impôt sur les sociétés (IS) ou sur le revenu (optionnel)
Charges déductibles Non Oui
TVA Franchise possible Obligatoire au-delà de 10 000 € de CA
Protection sociale Régime micro-social Régime assimilé salarié
Image auprès des marques Plus amateur Plus professionnel
Souplesse de croissance Limitée Élevée

5. Quel statut choisir pour ton activité d’influenceur ?

Le bon choix dépend de ton stade de développement et de tes objectifs.

Tu débutes

Tu gagnes moins de 3 000 € par mois et tu veux tester ton activité sans te prendre la tête ?

👉 L’auto-entreprise (micro-entreprise) est la meilleure option.

Tu te concentres sur ton contenu, tu gères tes déclarations facilement et tu vois comment ton activité évolue.

Tu veux te professionnaliser

Tu travailles avec plusieurs marques, tu dépasses les 70 000 € de CA annuel ou tu veux embaucher quelqu’un ?

👉 La SASU s’impose.

Tu gagnes en crédibilité, tu peux déduire tes dépenses, gérer ta rémunération plus finement et développer une vraie structure.

Exemple concret : le cas d’un influenceur

Prenons l’exemple de Léa, créatrice de contenus beauté sur Instagram et TikTok.

En 2023, elle se lance en auto-entreprise (micro-entreprise). Elle facture 2 000 à 3 000€ par mois à des marques. Simple, rapide, parfait pour commencer.

En 2025, elle dépasse 80 000€ de CA, paie beaucoup de charges sans pouvoir les déduire, et veut embaucher un monteur. Elle passe en SASU avec un expert-comptable. Elle déduit son matériel, ses abonnements SaaS, ses déplacements et optimise sa rémunération.

Résultat : plus d’économies, plus de professionnalisme, et une meilleure image auprès des marques.

Passer de l’auto-entreprise (micro-entreprise) à la SASU

Bonne nouvelle : la transition est tout à fait possible.

Ferme ton auto-entreprise (micro-entreprise) sur le site de l’URSSAF.

Crée ta SASU (rédaction des statuts, dépôt de capital, immatriculation au RCS).

Informe tes clients et partenaires du nouveau statut.

Transfère tes contrats et abonnements vers la société.

Tu peux faire appel à un expert-comptable ou à une solution comme Mandare, qui t’accompagne dans la création de ta société, la comptabilité et la gestion quotidienne.

Et la fiscalité dans cette évolution?

En auto-entreprise (micro-entreprise)

Tu payes des cotisations sociales proportionnelles à ton chiffre d’affaires (22 % environ pour les prestations de service).

Tu peux opter pour le versement libératoire et payer ton impôt en même temps que tes cotisations.

En SASU

Tu payes l’impôt sur les sociétés (IS) : 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % au-delà.

Tu peux te verser un salaire (soumis à cotisations sociales) ou des dividendes (soumis à la flat tax).

Tu peux optimiser ta fiscalité avec l’aide d’un expert-comptable ou d’une solution comme Mandare.

Les erreurs à éviter

Ne pas déclarer ses revenus (même les petits montants).

Oublier de facturer la TVA quand tu dépasses le seuil.

Confondre ton argent personnel et celui de ton activité.

Reporter trop longtemps la création d’une société alors que ton activité décolle.

Ne pas anticiper la comptabilité : dès que tu gagnes bien, fais-toi accompagner.

Conclusion

Le choix entre auto-entreprise (micro-entreprise) ou SASU dépend surtout de ton niveau d’activité et de ta vision à moyen terme.

Si tu veux te lancer simplement, sans prise de tête et tester ton activité, choisis l’auto-entreprise (micro-entreprise).

Si tu veux te professionnaliser, développer ta structure, embaucher ou travailler avec de grandes marques, la SASU est le bon choix.

Et surtout, ne reste pas seul : des solutions comme Mandare peuvent t’aider à choisir le bon statut, créer ta société et gérer ta comptabilité sans stress, pour que tu puisses te concentrer sur ce que tu fais de mieux : créer du contenu.

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